Cinq questions précises, posées avant de signer un devis, suffisent à écarter la majorité des agences web incapables de livrer un site fonctionnel dans les délais. Le critère décisif n’est ni le prix ni le portfolio : c’est la capacité du prestataire à répondre clairement sur la propriété du code, la maintenance et les résultats mesurables.
Sommaire
- Qui détient le code source et le nom de domaine après la livraison
- Quel CMS ou framework, et pourquoi celui-là plutôt qu’un autre
- Maintenance corrective, évolutive : ce que le contrat doit détailler
- Grille de contrôle en sept points avant de signer
- Trois signaux d’alerte qui justifient de passer au prestataire suivant
Qui détient le code source et le nom de domaine après la livraison
C’est la première question à poser, et la réponse doit figurer noir sur blanc dans le devis. Le Code de la propriété intellectuelle (article L111-1) attribue les droits d’auteur à l’auteur de l’œuvre, sauf cession écrite. En pratique, beaucoup d’agences conservent la propriété du code, des maquettes graphiques et parfois même du nom de domaine enregistré pour le compte du client. Le client se retrouve alors captif : migrer vers un autre prestataire suppose de tout reconstruire.
Trois éléments doivent être cédés par écrit : le code source complet, les fichiers graphiques sources (PSD, Figma, Sketch) et l’accès administrateur au nom de domaine. Si l’agence refuse de céder l’un de ces trois éléments, la négociation mérite d’être interrompue.
Voir aussi Contrat de maintenance d’un site : ce qu’il doit couvrir et son prix
Quel CMS ou framework, et pourquoi celui-là plutôt qu’un autre
Une agence sérieuse justifie le choix technique par le besoin du projet, pas par sa propre habitude. WordPress propulsait environ 43 % des sites web dans le monde selon les relevés de W3Techs : cela n’en fait pas la solution adaptée à tous les cas. Un site vitrine de huit pages n’a pas les mêmes exigences qu’une plateforme e-commerce à 3 000 références.
La question utile : « Quelles alternatives avez-vous écartées, et pour quelles raisons ? » Une réponse vague (« on a toujours fait comme ça ») révèle un manque de recul technique. Une réponse argumentée (temps de chargement, coût de maintenance, compatibilité avec un ERP existant) indique un vrai travail de cadrage. L’accessibilité numérique selon le RGAA fait partie des contraintes techniques à aborder dès cette étape, puisqu’elle conditionne le choix du thème ou du framework front-end.
Maintenance corrective, évolutive : ce que le contrat doit détailler
Le poste « maintenance » concentre l’essentiel des litiges entre clients et agences web. Le contrat doit distinguer au minimum trois périmètres.
La maintenance corrective couvre les bugs : temps de réponse garanti (en heures ouvrées), nombre d’interventions incluses par mois, canal de signalement. La maintenance évolutive couvre les ajouts fonctionnels : elle se facture au temps passé ou au forfait, avec un taux horaire annoncé dès le devis initial. La maintenance préventive (mises à jour de sécurité, sauvegardes, monitoring) doit préciser la fréquence et le périmètre exact.
Un contrat qui mélange ces trois volets dans une ligne unique « maintenance : 150 euros/mois » ne permet pas de savoir ce qui est réellement inclus. La comparaison entre agences devient alors impossible, ce qui arrange surtout le prestataire le moins transparent. Ce sujet rejoint directement les clauses souvent oubliées dans les CGV d’un site e-commerce.
Grille de contrôle en sept points avant de signer
| Point de contrôle | Réponse attendue | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| Propriété du code source | Cession écrite au client | « On verra après la livraison » |
| Nom de domaine | Enregistré au nom du client | Enregistré au nom de l’agence |
| Hébergement | Choix libre ou justification technique | Hébergement imposé sans explication |
| Délai de livraison | Jalons intermédiaires datés | Date unique sans étape de validation |
| Conformité RGPD | Clause DPA signée, bandeau cookies conforme | Aucune mention du sujet |
| Références vérifiables | Sites en ligne avec contact client | Portfolio de maquettes sans URL |
| Conditions de résiliation | Préavis raisonnable, récupération des données | Engagement pluriannuel sans clause de sortie |
Ce tableau peut servir de base lors d’un premier rendez-vous. Il ne remplace pas la lecture complète du contrat, mais il force l’agence à se positionner sur des points concrets. Les obligations liées aux mentions légales constituent un test rapide : si l’agence ne les mentionne pas spontanément, c’est un indice de négligence sur le volet juridique.
Voir aussi Freelance ou agence : coût, disponibilité et continuité du service
Trois signaux d’alerte qui justifient de passer au prestataire suivant
Le premier est l’absence de cahier des charges. Une agence qui accepte de démarrer sans document écrit décrivant les fonctionnalités, les contenus attendus et les critères de recette livrera ce qu’elle veut, pas ce dont le client a besoin.
Le deuxième : des promesses de positionnement Google formulées en termes absolus. Aucun prestataire ne peut garantir la première place sur un mot-clé donné. La documentation officielle de Google rappelle qu’il faut se méfier des agences qui « garantissent » un classement. Le choix entre SEO et Google Ads relève d’un calcul de rentabilité, pas d’une promesse.
Le troisième signal est le refus de fournir un accès administrateur au site pendant la phase de développement. Le client doit pouvoir suivre l’avancement, tester les fonctionnalités et valider les contenus au fil de l’eau. Un prestataire qui ne montre le résultat qu’à la livraison finale s’expose à un décalage majeur entre l’attendu et le livré, et le client aussi.
À retenir
- Exiger la cession écrite du code source, des maquettes et du nom de domaine avant de signer.
- Vérifier que le contrat distingue maintenance corrective, évolutive et préventive avec des tarifs séparés.
- Demander au moins deux références de sites en production, avec le contact du client.
- Écarter toute agence qui garantit un positionnement Google ou refuse de fournir un accès administrateur en cours de projet.
Le choix entre freelance et agence se pose souvent en amont de ces questions. Dans les deux cas, la grille de contrôle reste la même : propriété, transparence technique, engagements contractuels vérifiables.
Thomas Lefèvre est développeur freelance full-stack à Paris depuis 2015, spécialisé WordPress sur mesure, no-code et SEO technique. Sur Synergie.Web il documente les outils testés sur de vrais projets, sans partenariat commercial.
À lire aussi

Accessibilité numérique : qui est concerné et par quoi commencer
Le référentiel général d'amélioration de l'accessibilité (RGAA) s'impose depuis 2012 à tous les sites publics…

CGV d’un site e-commerce : les clauses qu’on oublie et qui coûtent cher
L'absence de conditions générales de vente conformes sur un site e-commerce expose le vendeur à une amende…

Mentions légales : la liste exacte selon le statut de l’éditeur
Tout site internet accessible au public doit afficher des mentions légales identifiant son éditeur, sous…

Bandeau cookies conforme : ce que la CNIL sanctionne concrètement
La CNIL a prononcé, entre 2021 et 2024, plus de 200 millions d'euros d'amendes liées aux cookies, dont les…

RGPD pour un site de PME : les obligations réellement applicables
Le règlement général sur la protection des données (RGPD) impose à toute PME exploitant un site internet de…

Transfert de nom de domaine OVH : le guide complet 2026
Pourtant, une fois qu'on connaît les étapes exactes, le processus est parfaitement balisé et rarement…

















